J.M.G LE CLÉZIO, invité exceptionnel d’Emmanuel Khérad

J. M. G. Le Clézio n’a jamais cessé d’écrire depuis l’âge de sept ou huit ans : poèmes, contes, récits, nouvelles, dont aucun n’avait été publié avant Le Procès-verbal, son premier roman paru en septembre 1963 et qui obtint le prix Renaudot

Influencée par ses origines familiales mêlées, par ses voyages et par son goût marqué pour les cultures amérindiennes, son œuvre compte une cinquantaine d’ouvrages de fiction (romans, contes, nouvelles) et d’essais.

En 1980, il a reçu le grand prix Paul-Morand décerné par l’Académie française pour son roman Désert
En 2008, J. M. G. Le Clézio reçoit le prix Nobel de littérature, célébrant «l’écrivain de la rupture, de l’aventure poétique et de l’extase sensuelle, l’explorateur d’une humanité au-delà et en dessous de la civilisation régnante».

Dans son dernier ouvrage, Trois Mexique (Gallimard, 2026), J.M.G. Le Clézio se penche sur trois figures mexicaines de son panthéon personnel : la poétesse sœur Juana Inés de la Cruz (1651-1695), génie méconnu et féministe avant l’heure ; l’écrivain Juan Rulfo (1917-1986), mythique auteur du roman Pedro Páramo et d’un seul recueil de nouvelles, véritable inventeur du réalisme magique ; et Luis González y González (1925-2003), historien de son village perché natal, qui est la première expression de ce qui deviendra plus tard la microhistoire. Par leur attachement à la terre, leur « mexicanité » instinctive et leur recherche d’authenticité dans l’écriture, Cruz, Rulfo et González illustrent des thèmes chers au plus mexicain des auteurs français.


Annick COJEAN & Sophie COUTURIER

Annick Cojean est grand reporter pour Le Monde et lauréate du Prix Albert Londres (1996). Elle est l’auteure de plusieurs livres remarqués dont le best-seller Les proies (Grasset, 2012), traduit dans le monde entier.
En 2017, elle signe avec Manon Loizeau le documentaire Silent War, sur les viols de guerre en Syrie, récompensé du Grand Prix de l’Organisation mondiale contre la torture. Elle est co-scénariste de la bande dessinée Simone Veil ou la force d’une femme (25 000 ex. GfK, Steinkis, 2020). En 2022 paraît Nous ne serions pas arrivées là si… (Grasset/Le Monde), nouvelle série d’entretiens avec trente-trois femmes inspirantes qui racontent avec une grande sincérité ce que la vie leur a appris d’un monde dont les règles sont forgées par des hommes.

Originaire de La Rochelle, Sophie Couturier est scénariste de romans graphiques. Auparavant spécialisée en communication dans les domaines de la solidarité internationale et de l’environnement, elle s’est notamment investie au sein des ONG Action Education et Handicap International, ainsi qu’à l’IGN. Sophie Couturier a milité deux années aux côtés de Gisèle Halimi au sein du mouvement féministe « Choisir la cause des femmes », dont elle a été secrétaire nationale.

Ensemble, elles co-signent le roman graphique Une farouche liberté : Gisèle Halimi, la cause des femmes (Grasset/Steinkis, 2022) adapté du livre éponyme de Gisèle Halimi et Annick Cojean.
Avec l’historienne Michelle Perrot, grande pionnière de l’histoire des femmes et du féminisme, elles présentent en 2026 La Marche des femmes, une balade trépidante sur les traces de l’histoire des femmes. D’Olympe de Gouges aux ouvrières des Halles, de Simone Veil aux couturières du Sentier, de Louise Michel aux maisons closes de Saint-Denis…


Pierre HASKI

Pierre Haski est journaliste et président du conseil d’administration de Reporters sans Frontières.
Après avoir été reporter dans de nombreuses régions du monde, notamment en Afrique du Sud pour l’AFP, à Jérusalem ou à Pékin pour Libération, il a fondé Rue89, le premier média français intégralement digital.
Depuis huit ans, il anime au micro de France Inter la rubrique géopolitique. Il est également chroniqueur au Nouvel Obs. Il est l’auteur de nombreux livres à portée géopolitique.

Dans La fin d’un monde, avec la capacité qu’on lui connaît de rendre intelligible la complexité du monde, Pierre Haski revient, dans le plus personnel de ses livres, sur cinquante ans de bouleversements qui ont transformé nos sociétés devenues multipolaires. Au fil des pages, il nous donne les clés qui nous manquaient pour comprendre les grands périls qui marqueront les décennies à venir: conflits mondialisés, montée de l’autocratie, manipulation de la vérité… Et, par l’information juste et éclairée, nous appelle à nous tenir prêts.


Kamel DAOUD

Né en 1970 à Mostaganem (300 km à l’ouest d’Alger), Kamel Daoud a été journaliste au Quotidien d’Oran – troisième quotidien national francophone d’Algérie –, rédacteur en chef de 1994 à 2015, et a tenu pendant quinze ans la chronique quotidienne la plus lue d’Algérie. Depuis 2014, il tient une chronique hebdomadaire dans Le Point

Son premier roman, Meursault, contre-enquête, traduit dans plus de trente-cinq langues, a reçu en 2015 le Goncourt du premier roman. Prix Lagardère du meilleur journaliste de l’année en 2016, il a reçu le prix Livre et Droits de l’Homme 2017 pour Mes indépendancesqui rassemble près de deux cents textes publiés entre 2010 et 2016. Son roman Zabor ou Les Psaumes (2017), a obtenu le prix Transfuge du meilleur roman de langue française et le prix Méditerranée. 
La Grande Médaille de la Francophonie de l’Académie Française lui a été remise en 2018 et il reçoit le Prix international de la Laïcité 2020. 

En 2024, il est lauréat du prix Goncourt pour son roman Houris, couronné également par le prix Landerneau des lecteurs 2024 et le prix des lecteurs des Écrivains du Sud 2025.
« Je suis la véritable trace, le plus solide des indices attestant de tout ce que nous avons vécu en dix ans en Algérie. Je cache l’histoire d’une guerre entière, inscrite sur ma peau depuis que je suis enfant. »
Aube est une jeune Algérienne qui doit se souvenir de la guerre d’indépendance, qu’elle n’a pas vécue, et oublier la guerre civile des années 1990, qu’elle a elle-même traversée. Sa tragédie est marquée sur son corps : une cicatrice au cou et des cordes vocales détruites. Muette, elle rêve de retrouver sa voix.
Son histoire, elle ne peut la raconter qu’à la fille qu’elle porte dans son ventre. Mais a-t-elle le droit de garder cette enfant ? Peut-on donner la vie quand on vous l’a presque arrachée ? Dans un pays qui a voté des lois pour punir quiconque évoque la guerre civile, Aube décide de se rendre dans son village natal, où tout a débuté, et où les morts lui répondront peut-être.


Charles DANTZIG

Charles Dantzig a grandi dans une famille composée de nombreux médecins et s’est quant à lui orienté vers des études de droit.

Il travaille pour la maison d’édition Les Belles Lettres, au sein de laquelle il occupe le poste de directeur de plusieurs collections. Il exerce également une activité de traducteur et s’intéresse au genre de la poésie. En parallèle, il continue à écrire des essais et des poèmes, dont une anthologie parait en 2003 sous le titre d’En souvenir des long-courriers. En 2005 parait son Dictionnaire égoïste de la littérature française, qui crée l’évènement et collectionne les prix littéraires.

Charles Dantzig devient ensuite éditeur chez Grasset, où il publie des textes inédits de grands écrivains, comme Samuel Beckett, Jules Barbey d’Aurevilly ou Truman Capote, ainsi que les textes d’auteurs contemporains. En 2015, il crée une collection et une revue intitulées « Le Courage », qui donne une tribune aux écrivains du monde entier au sujet de la littérature et de la création.

Il est l’auteur de nombreux essais et romans qui traitent de la tyrannie (Confitures de crimes, Lenapoléonisme, Dans un avion pour Caracas), ainsi que d’un livre de poèmes (Démocratie du bord de mer, Grasset).

Dans un monde incertain et qui se pose des questions sur sa liberté, Inventaire de la basse période est un livre salutaire qui procède à sauts et gambades : de brèves entrées subjectives pour révéler des vérités objectives ; la forme sensible faisant surgir l’idée comme une épiphanie ; l’ironie dévoilant la mauvaise conscience de l’hypocrisie ; les confidences les plus intimes illustrant des maximes universelles – bref, une vision profondément littéraire de notre réel à la dérive.

BARTABAS

Bartabas, né Clément Marty le 2 juin 1957 à Boulogne-Billancourt, est un écuyer, pédagogue, metteur en scène et scénographe français.
Fondateur du spectacle équestre Zingaro, il est depuis 2003 responsable de l’Académie du spectacle équestre de Versailles.

Avec Les cogne-trottoirs, roman d’apprentissage mettant en scène le duo touchant d’un âne funambule et d’une môme qu’un drame a privée de parole, Bartabas signe un premier roman halluciné, lyrique et gouailleur, au style éblouissant.

ALFRED

Alfred, scénariste et dessinateur, est né en 1976 au milieu d’une famille d’artistes. Il devient
dessinateur de bande dessinée en autodidacte et commence par publier dans des fanzines confidentiels, avant un premier album en 1997 chez Delcourt.

En 2000, c’est une rencontre déterminante avec le scénariste David Chauvel — depuis devenu son éditeur — pour vingt-trois ans d’une fructueuse et fidèle amitié.
En 2007, avec Olivier Ka, Pourquoi j’ai tué Pierre est récompensé du Prix du Public et Essentiel du FIBD à Angoulême. En 2014, Come Prima remporte le Fauve d’or prix du meilleur album, au FIBD à Angoulême et sera adapté pour le cinéma en 2021 ; en 2023, il est mis en scène au théâtre, à Paris, par la Compagnie Not Me tender.
Parallèlement, et depuis plus de vingt ans, Alfred creuse le dessin live sur scène et s’embarque dans plusieurs aventures théâtrales/dessinées avec, entre autres, Brigitte Fontaine, Areski Belkacem, Raphaël Imbert, William Z Villain ou encore JP Nataf. Il a passé trois années à suivre Etienne Daho pour la réalisation du “ making of dessiné ” de son précédent disque, et a aussi suivi en tournée Arthur H, dessinant un journal de bord depuis les coulisses.

Dans son dernier album Jardins invisibles, Alfred livre plusieurs fragments de sa vie où se recoupent
ses thèmes de prédilection, l’Italie, l’enfance et son rapport au dessin et au théâtre. Chacune de ces histoires présentent un de ces moments de micro-bascule dont l’impact sur notre trajectoire devient tangible parfois trente ans plus tard. Une rencontre, une phrase dite dans l’enfance, une peur qu’on se trimballe encore adulte…